Bridge et média

Semaine fertile en rebondissements médiatiques que cette première de février.

Samedi le 2 février : les bridgeurs qui lisent La Presse étaient tous d'accord avec Réjean Tremblay pour qu'il ne s'éternise pas sur le sujet. Le Grand chroniqueur sportif a démontré sa culture "Beurre-de-peanutesque" en comparant le bridge au jeu de la dame de pique(?!). Quand on sait pas de quoi on parle on se tait ...

En fin d'après-midi, on relève le débat d'un cran - plusieurs même - car la première chaîne (SRC-Radio) reçoit Francine Cimon qui répond à la fameuse question "Est-ce que le bridge est un sport ?" Oui et non, Nous dit-elle... Non car les bridgeurs ne sont pas des athlètes, mais ce sont de grands compétiteurs et le bridge est un jeu très exigeant. Aussi Francine défend-elle très bien son sport et soutient que si le tir a sa place aux Olympiques le bridge aussi peut y être.

Eh! Mr Trudelle ... Non, le bridge n'a pas fait partie du programme Olympique à Salt-Lake City ... Il n'y était même pas en tant que sport de démonstration. En fait, il n'avait d'olympique que le nom : Grand Prix du Comité Olympique International. Ce tournoi a été conçu pour mousser la candidature du bridge auprès dudit comité. Un événement annuel qui en était à sa quatrième présentation et pour la première fois il était présenté loin de Genève là où siège le COI. Vous voyez l'affaire...

Mardi, c'est au tour de l'éternel ado qu'est Joey Silver de faire la une de La Presse. Un joli texte racoleur d'Yves Boisvert qui d'abord nous raconte quelques pitreries de l'avocat montréalais pour ensuite lui demander si le bridge a sa place aux Olympiques. Réponse : "Préférez-vous un sport dont le but est de causer des commotions cérébrales ou le bridge, qui contribue à garder le cerveau jeune et retarder la maladie d'Alzheimer?" 1 - 2 - 3, le compte est bon, Boisvert est au tapis ...

Enfin, Mercredi soir, Nicolas L'Écuyer et Kamel Fergani paraient les coups des "Francs-tireurs" sur Radio-Québec. On y présentait un dossier sur le bridge et les Olympiques. Dossier, somme toute bien monté, où on expliquait, sur un mode humoristique, les conditions que doit remplir le bridge pour accéder au programme olympique. Nick, Kamel et le bridge n'ont toutefois pu éviter le montage mégalo-délirant du réalisateur : gros plan sur de GROS joueurs, mise en scène à moitié réussie sur le marketing du bridge à l'américaine et finale saugrenue où Paul Houde qui jusque-là, ma foi semblait solide, dérape sur la peau de banane de son ignorance en nous annoncant que si le bridge fait le programme olympique pourquoi ne mousserait-on pas la candidature des parchésies

"Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en" dit le dicton. Souhaitons qu'à force de mots on finira par se faire comprendre. Mais pour l'instant il faut bien constater que l'image du bridge que véhicule nos médias - un stéréotype n'attendant pas l'autre - est bien loin de la réalité. Avec les Olympiques, les vrais, on va se faire oublier pendant quelques mois. Souhaitons que l'on soit prêt pour des championnats du monde de Montréal l'été prochain et que cette fois-là nous maîtriserons un peu mieux le message.



Le Canada fait sa marque

4e Grand Prix du CIO

On ne les attendait pas. Mais ce sont les représentants masculins du Canada qui ont remporté la médaille d'Or à la compétition de Salt-Lake City. Le parieur sérieux n'aurait probablement pas mis une "token" sur nos représentants : Keith Balcombe, Gordon Campbell, Nicholas Gartaganis, Fred Gitelman, Peter Jones et Joey Silver. Mais ils ont su relever le défi avec éclat.

En demi-finale, ils réalisent une remontée spectaculaire pour venir à bout de la formation "toute étoile" de l'Italie. Puis, en finale, contre la non moins dangereuse Pologne, ils écrasent leur adversaire 44-0 en second quart-temps pour finalement l'emporter 76 à 64.5. Félicitations les gars, du beau travail.

Du côté des femmes canadiennes, ce ne fut pas jojo. D'entrée, deux beaux succès contre les américaines et les chinoises, puis un passage à vide de quatre matchs, sans victoire, qui les exclut de la ronde des médailles. En fin de parcours, ce sont les françaises - 2e à la coupe de Venise de Paris - qui ont confirmé la qualité de leur jeu en bulldozant les américaines lors de la finale pour s'arroger l'Or.

Résultats et bulletins : 4e Grand Prix du CIO


7e Festival de Bridge NEC

Sponsorisé par la compagnie NEC, ce tournoi sur invitation attire les meilleures équipes au monde. C'est l'occasion, pour l'élite japonaise du bridge de mesurer ses progrès en se frottant à la compétition internationale. Cette année le Canada y était représenté par une équipe aux couleurs du Québec. Kamel Fergani, Nicolas l'Écuyer et Jurek Czyzowicz de la belle province et Darren Wolpert de Toronto y ont fait belle figure.

Bien qu'ils se soient qualifiés pour la ronde des médailles par la peau des dents en terminant le round-robin en 8e place - ce qui leur est déjà arrivé au championnat canadien par le passé - nos amis ont démontré beaucoup de combativité et une qualité de jeu supérieur pour atteindre la finale. Dans le match ultime contre l'Angletterre (Brian Senior, John Armstrong, David Burn, Brian Callaghan), ils n'ont concédé que 6 imps d'écart.

Ne nous laissons pas décevoir par cette médaille d'Argent qui prend tout son lustre lorsque l'on regarde le tableau de chasse des canadiens en ronde éliminatoire. En quart de finale, ils ont battu les Suédois (124-73) - P.O. Sundelin, Johan Sylvan, Magnus Lindkvist et Peter Fredin - et en demi-finale ils ont fait encore mieux (124-69) contre des champions du monde confirmés Paul Hackett, Jason Hackett, Justin Hackett, Geir Helgemo, Terje Aa, Glenn Groetheim de la Norvège et de l'Angletterre.

Ces quatres joueurs sont ensemble depuis au moins 4 ans et forment une des meilleurs équipes au pays. Nous avons hâte de les voir aux Championnats du monde à Montréal

Résultats et bulletins d'Éric Kokish : 7e Festival de Bridge NEC

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