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Une brève histoire du go

Le jeu de go est né en Chine dans le deuxième millénaire avant Jésus-Christ, ce qui en fait le plus ancien des jeux sur damier. Le jeu fut transmis à la péninsule coréenne vers le 2e siècle de notre ère et de là atteignît les îles japonaises vers les 5e ou 6e siècles, où il fut cultivé dans les cercles des moines bouddhistes (qui en appréciaient les aspects divertissants), et dans les cercles militaires ( qui en appréciaient le caractère tactique et stratégique).

Le véritable développement technique du go a commencé au 16e siècle, lorsque le Japon fut unifié par le premier Shogun. C'est de cette époque que date la fondation des premières académies de go. Les meilleurs joueurs étaient payés par le gouvernement et devaient consacrer toute leur vie au jeu de go. Des parties officielles étaient régulièrement jouées devant le Shogun.

Malgré qu'il soit le jeu le plus pratiqué au monde (plusieurs dizaines de millions d'adeptes au Japon, en Chine, en Corée), le go est toujours en voie de développement en Occident. Il ne fut introduit en Amérique du Nord qu'au 20ième siècle. Edward Lasker publia d'ailleurs un livre en 1934 intitulé Go and Go-Moku.

Le go au Québec

Steven Mays a retracé de brillante façon l'historique du jeu de go à Montréal en 1988, publiée dans Ranka, la revue annuelle de la Fédération Internationale de Go. Son article était particulièrement dédié à Harry Schwartz et Abe Ravinsky, les pionniers du go à Montréal (dans les années '50), qui ont fait du go ce qu'il est aujourd'hui, malgré l'absence de matériel et de littérature.

Harry a d'ailleurs appris le jeu en lisant un bouquin sur les jeux orientaux à la Bibliothèque Orientale de l'Université McGill. Il a montré les règles à son frère Sol qui lui les a montré à ses amis du secondaire Abe Ravinsky et Harry Gonshor. Le matériel étant inconnu à l'époque, les 3 amis ont improvisé: reconstituant facilement la surface de jeu mais substituant les pierres par des boutons ou des rondelles (washers) peintes.

Sakata à Montréal

Du samedi 22 août au mardi 25 août 1992, le club de go de Montréal a été honoré par la visite d'un des joueurs de go les plus illustres du Japon: Sakata Eio. En plus de la présence de cette légende vivante, le club a aussi été l'hôte de trois autres joueurs professionnels: Suzuki Sen (3-dan), qui a servi de traducteur pour Sakata ainsi qu'organisateur de sa tournée, Nagahara Yoshiaki (9-dan, et auteur du livre Basic Techniques of Go), et Oheda Yusuke (9-dan). Jamais il n'y eut autant de joueurs professionnels à Montréal qu'à ce moment (un total de 29 dans!).

Le club de go de Montréal a organisé une série d'événements à l'Hôtel Arcade pour bénéficier de la présence de ces professionels, la plupart de ces activités étant des commentaires de parties et des simultanés.

La première soirée fut occupée par le commentaire de Sakata d'une partie qui avait eu lieu plus tôt dans la journée entre Suzanne Malo (1-kyu, de Montréal) et Lynne Baird (1-kyu, d'Ottawa). Cette partie, remportée par Suzanne, avait pour but de choisir la représentante du Canada au 4e Championnat mondial féminin amateur, tenu à Yokohama l'automne suivant.

Sakata seul. Sakata faisant de la caligraphie Suzanne Malo (gauche), Sakata, Lynne Baird (droite) Suzuki Sen, Sakata, Lynne Baird, Suzanne Malo (on ne voit que ses mains) Simultanée: Steven Mays (haut), Marc Lecours (centre), Sachio Kohara (seulement le go-ban est visible) André Labelle (gauche, président de l'Association québécoise des joueurs de go), Sakata, Steven Mays (droite, vice-président) Photo de groupe (l'épouse de Sakata est debout à gauche de Sakata)